Ecstasy fait le lit de la maladie de Parkinson
Vendredi 04 octobre 2002
La prise de deux ou trois cachets d’ecstasy au cours d’une même soirée serait suffisante pour induire des dommages cérébraux permanents et augmenter sur le long terme le risque de maladie de
Parkinson. Voilà une nouvelle qui va faire trembler les ravers ! Pour étudier les effets neurotoxiques de la MDMA ou ecstasy, le Pr. Ricaurte et son équipe ont injecté, à trois heures
d’intervalle, trois doses à des singes écureuils et à des babouins. Les résultats sont déjà assez spectaculaires : un singe est mort d’hyperthermie (augmentation de la température trop
importante), un autre a présenté des troubles moteurs qui n’ont pas permis la troisième injection et les trois autres semblaient avoir bien toléré le « trip ». Mais après avoir jeté un coup d’œil
dans la boite crânienne de ces rescapés, ces trois injections équivalentes à trois cachets d’ecstasy n’ont pas été sans effet. Elles ont en effet entraîné des anomalies dans la production de
dopamine et de sérotonine par les neurones. Ces neuromédiateurs sont respectivement impliqués dans les troubles dépressifs et la maladie de Parkinson. Les effets sur le système sérotoninergique
étaient déjà connus, mais pas dans une telle ampleur. La grande nouveauté de ce travail est la diminution de dopamine, qui a chuté dans des proportions impressionnantes : de 51 % à 77 %. Selon
les chercheurs, ce phénomène traduit une altération des neurones dopaminergiques. C’est l’atteinte de ces neurones qui est la cause des phénomènes moteurs de la maladie de Parkinson. Selon les
chercheurs, les prises d’ecstasy ne peuvent pas entraîner la survenue de cette maladie, mais cumulées au déclin cérébral lié à l’âge elles augmenteraient fortement le risque. Source
: Science Sep 27 2002: 2260-2263