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Médecine
Des "supereunrones" pour traiter la maladie de
Parkinson
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/51610.htm
Créer des neurones producteurs de dopamine à partir de cellules mères prélevées sur la peau et les implanter sur des personnes malades atteintes de la maladie
de Parkinson est l'objectif de la future unité fonctionnelle pour Parkinson. Cette banque de cellules dopaminergiques sera située à la policlinique de Guipuzcoa. C'est un projet financé par la
Kutxa et auquel collabore la Fondation Inbiomed ainsi que quatre autres centres espagnols : l'hôpital Virgen del Rocío de Séville, le Centre de recherche médicale appliquée de Pampelone,
l'hôpital Prince Philippe de Valence et le Parc de recherche biomédicale de Barcelone.
L'objectif est de trouver la cellule adéquate, la candidate idéale pour se transformer en un neurone producteur de dopamine. Trois types de cellules pourraient convenir : les cellules mères
embryonnaires, les cellules mères de la peau, et des cellules mères auxquelles on transmettrait du matériel génétique de patients malades. De fait, la fondation Inbiomed a déjà réussi à créer des
neurones à partir de cellules de la peau. L'étape suivante consisterait à ce qu'elles produisent de la dopamine. D'après Gurutz Linazaroso, neurologue à la policlinique de Guipuzcoa, cette
thérapie cellulaire serait plus efficace que les médicaments qu'on administre actuellement. Les patients ne souffriraient pas d'effets secondaires et les résultats seraient tenables à long
terme.
La maladie de Parkinson est la conséquence de la dégénérescence progressive des neurones du cerveau chargés de produire la dopamine, le neurotransmetteur qui informe les centres de contrôle du
mouvement et de coordination de l'organisme. En son absence, des symptômes propres à cette maladie neurodégénérative apparaissent : les tremblements, la faiblesse ou la rigidité musculaire. Un
malade de Parkinson en phase initiale produit la moitié de la dopamine que produit une personne saine. Dans les phases plus avancées, le malade produit 95% de dopamine en moins. Actuellement, le
traitement pour couvrir cette absence de dopamine consiste à administrer des médicaments commme la levodopa et les agonistes dopaminergiques.
"Le problème c'est que ces médicaments ne remettent pas la dopamine à un niveau physiologique, ils ne font pas en sorte que ce soit l'organisme lui-même qui la produise de façon modulée. Par
conséquent, on aboutit à des désagréments comme le on/off, c'est à dire le fait que le malade se sente bien quand il a pris les médicaments mais qu'il s'affaiblisse à nouveau une fois que les
médicaments ne font plus d'effet." explique Gurutz Linazasoro. "En plus les médicaments se diffusent dans tout le cerveau et ils affectent d'autres zones qui ne sont pas visées, ce qui déclenche
des effets secondaires comme certains problèmes psychiatriques." Avec ce nouveau projet, on espère obtenir des cellules qui produiraient de la dopamine de façon continue et modulée et qui
s'implanteraient chez le patient juste dans la zone du cerveau affectée par la maladie.
L'implant de cellules productrices de dopamine est une ligne de recherche sur laquelle les chercheurs comptent beaucoup. "D'autres équipes travaillent aussi sur ce projet. Pour le moment, nous
avons pratiqué des transplants avec des cellules obtenues à partir de la substance noire de foetus et du corps carotidien. Nous avons aussi déjà travaillé avec des cellules mères embryonnaires
transplantées à des animaux. Mais pour le moment, les résultats montrent trop d'effets secondaires."
Ces recherches ont aussi démontré que le cerveau réagit et rejette avec une grande facilité l'implant de nouvelles cellules. Pour lutter contre le rejet, les chercheurs de ce nouveau centre
devront mettre au point des techniques de nanotechnologies et des nanomatériels qui permettent que ces implants survivent.
En Espagne, quelque cent mille personnes souffrent de la maladie de Parkinson. On prévoit qu'entre 2025 et 2030, ce nombre doublera en conséquence de l'augmentation du niveau de
vie.