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Ce n'est pas un médicament miracle», tient à
préciser
la chercheuse, «mais une stratégie
préventive, une thérapie complémentaire pour
améliorer la qualité de vie des patients.
Et ça
marche très bien»
Il existe maintenant une façon toute naturelle de prévenir la maladie de Parkinson ou, dans le cas des personnes déjà atteintes, de ralentir sa progression. Cette méthode ne remplace pas
la médication à laquelle les parkinsoniens doivent se soumettre, car il ne s'agit pas d'une cure, mais bien d'un moyen de diminuer l'inflammation du cerveau qui caractérise cette maladie et la
destruction des neurones qui en découle.
Cette méthode révolutionnaire, qui est efficace aussi pour d'autres maladies neurologiques inflammatoires, est pourtant vieille comme l'humanité. Il s'agit simplement de consommer
régulièrement du resvératrol et de la quercétine, deux substances présentes de façon naturelle surtout dans le vin rouge de bonne qualité, le raisin rouge, le thé vert, les oignons et le ginko
biloba.
C'est du moins ce qui est ressorti des études réalisées au laboratoire de Maria-Grazia Martinoli, directrice du groupe de recherche en neurosciences à l'UQTR et présentées à l'occasion du 75 e
Congrès de l'ACFAS cette semaine.
On savait déjà que le thé vert et le vin rouge avaient un effet protecteur contre certaines formes de cancers. La recherche de Mme Martinoli démontre maintenant que la consommation régulière de
ces produits a aussi une incidence directe sur la progression de la maladie de Parkinson. «Ce n'est pas un médicament miracle», tient à préciser la chercheuse, «mais une stratégie préventive, une
thérapie complémentaire pour améliorer la qualité de vie des patients. Et ça marche très bien», dit-elle avec enthousiasme.
«Les gens aiment bien avoir le sentiment de pouvoir faire quelque chose pour s'aider eux-mêmes», constate Mme Martinoli. «En 2002, par exemple, il s'est vendu pour 37 milliards $ en produits
naturels et plus les populations sont vieillissantes et instruites, plus elles dépensent pour des thérapies complémentaires», fait-elle remarquer.
Le fait de savoir que certains aliments diminuent fortement les conditions inflammatoires qui causent la mort des neurones dans le cerveau permettra aux gens de faire quelque chose pour ralentir
la progression de la maladie, dit-elle.
Cette découverte, Maria-Grazia Martinoli le doit à ses petites souris de laboratoire à qui elle a injecté du MPTP. C'est une substance reconnue pour induire artificiellement des effets dans le
corps très semblables aux symptômes du Parkinson car elle diminue la dopamine, un neurotransmetteur du cerveau.
Aux mêmes souris, elle a alors fait prendre, en même temps que le MPTP, du resvératrol, la fameuse substance qui se trouve dans le vin rouge et le thé vert.
Au bout de 15 jour de soins au resvératrol, les petites souris de laboratoire ont eu une réaction étonnante: leur degré de dopamine est redevenu presque normal à 80 % comme si aucun stress
oxydatif n'avait été induit dans leur cerveau.
Inflammation
«Non seulement la dopamine est redevenue presque comme avant, mais à l'aide d'une autre expérience, on a démontré une chose très importante aussi. Ce n'est pas le MPTP (stress oxydatif) qui fait
mourir les neurones. C'est l'inflammation», dit-elle.
En laboratoire, la chercheuse et son équipe ont en effet soumis le cellules gliales du cerveau à un agent inflammatoire, le lipopolysaccharide (LPS). En mettant en co-culture, en boite de Pétri,
les cellules gliales soumises au LPS avec des neurones, ces derniers sont morts. Mais quand elle a soumis ces cellules gliales enflammées à la quercétine (qui se trouve dans le thé vert et
certains légumes), les neurones ne sont en effet pas morts, car l'inflammation a disparu.
Originaire de l'Italie, Mme Martinoli est très fière de dire que parmi les vins, c'est le chianti qui contient le plus de quercétine. Toutefois, elle lance un appel à la prudence quant à la
consommation de vin à cause de l'alcool qui est neurotoxique. «On peut aussi presser soi-même à la maison des raisins rouges et avoir beaucoup de quercétine aussi», suggère-t-elle.
Le vin, le thé, les fruits, le brocoli et le chocolat auraient un effet protecteur sur le cerveau.
La consommation de vin, de thé, de fruits, de brocoli et de chocolat aurait un effet protecteur sur le cerveau, selon une étude de l'Institut universitaire en santé mentale Douglas. La consommation de ces aliments réduirait de 30 à 50% les risques de développer es maladies d'Alzheimer et de Parkinson chez les personnes âgées.
On connaissait déjà les propriétés de certains de ces aliments dans la réduction des ACV et du cancer, mais voilà qu'ils protégeraient aussi de certaines maladies neurologiques.
« Les polyphénols et le resvératrol contenus dans ces produits ont un effet protecteur», dit le coauteur principal de l'étude, Stéphane Bastianetto.
Selon lui, il faut donc ajouter ces aliments à son alimentation, et particulièrement chez les personnes d'un certain âge.
Prévenir la maladie
«On sait que dans le cas de l'Alzheimer, les cellules commencent à mourir parfois quinze ans avant que les symptômes n'apparaissent. Il ne faut donc pas attendre trop
longtemps », dit le chercheur, qui recommande tout de même ces produits aux gens plus âgés. «Il ne faut pas oublier que certains développent la maladie à 75 ou 80 ans», dit-il.
Le premier volet de l'étude publiée dans la revue Neurochemical Research a été réalisé sur des cellules de l'hippocampe, une région du cerveau particulièrement touchée par la maladie.
Une enveloppe protectrice
En fait, le vin, le thé et le chocolat bloqueraient l'amyloïde, une protéine présente en grande quantité dans le cerveau des gens malades.
L'équipe de chercheurs a entrepris de vérifier ses résultats sur des rats vivants. Ils veulent voir si le thé vert pourra protéger la mémoire des rats vieillissants.
Si c'est le cas, on pourra compter sur cette nouvelle arme pour combattre la maladie. «Mais il faut faire attention de ne pas prendre ces aliments comme un médicament », conclut le
chercheur.
L'équipe de l'Institut Douglas souhaite également mesurer l'effet du thé vert comme réducteur de stress chez le rat.