Neurocampus : Bordeaux se hisse parmi les leaders mondiaux en neurosciences

Pier Vincenzo Piazza, directeur du Neurocentre Magendie de l’Inserm et coordinateur du projet Neurocampus à Bordeaux ©Inserm
Bordeaux veut s’affirmer comme capitale mondiale des neurosciences en créant un « Neurocampus ». Les deux principaux porteurs de projet, la Région Aquitaine et l’Université médicale de Bordeaux 2, s’appuient sur une structure solide déjà en place. Dans le collimateur des chercheurs : les affections du cerveau comme les maladies neurodégénératives et en particulier les maladies d’Alzheimer et de Parkinson.
Déjà réputé parmi les centres de recherches du monde entier, Bordeaux s’apprête à renforcer sa dimension internationale dans le domaine des neurosciences. La capitale d’Aquitaine va créer un « Neurocampus », ensemble scientifique et immobilier qui couvrira toutes les dimensions des neurosciences modernes, complété par un dispositif d’accueil, de formation et d’innovation. Objectif : « utiliser les acquis pour les potentialiser au maximum », commente Pier Vincenzo Piazza, directeur du Neurocentre Magendie de l’Inserm et coordinateur du projet. « Le dossier est ambitieux, mais réaliste. C’est avant tout un projet scientifique que nous préparons depuis plus d’un an ». Au programme : trois nouveaux centres de recherche complémentaires, qui travailleront en synergie, mais de manière indépendante, chacun dans son domaine spécifique. Au total, quatre bâtiments, dont le neurocentre Magendie de l’Inserm qui sera agrandit de 1000 m2 (passant de 8.000 à 9.000 m2), seront installés dans l’université médicale Victor-Segalen (Bordeaux 2). Près de 16.000 m2 supplémentaires seront ainsi créés pour un budget global d’environ 60 millions d’euros, financé en grande partie par la Région.

Un modèle de référence

Imaginée pour devenir un modèle de référence, la structure se veut à la fois conviviale et efficace, avec un fonctionnement à la pointe de ce qui existe aujourd’hui. « Une partie de chaque bâtiment sera consacrée à la recherche, une à l’accueil de nouvelles équipes et une autre au transfert vers la formation, la clinique ou le développement industriel », ajoute Pier Vincenzo Piazza. Le transfert des recherches permettra en particulier d’accompagner l’implantation de sociétés de biotechnologies. « Et le transfert des nouvelles connaissances vers la formation et vers la clinique favorisera le développement de nouvelles approches de soins », commente Pier Vincenzo Piazza. Le site sera aussi un lieu de vie avec hébergement pour les chercheurs, pôle administratif, restaurant, salle de conférence et même un espace pour le public, « car il est important d’ouvrir la recherche aux citoyens ».

Un rayonnement international

L’enjeu est capital car, selon les spécialistes, les maladies neurodégénératives, telles que maladies d’Alzheimer et de Parkinson, seront multipliées par deux d’ici 2030, si aucun remède n’est trouvé. D’où l’importance du rayonnement international de Bordeaux en neurosciences qui s’est confirmé au cours des dernières années. En trois ans, six nouvelles équipes, françaises, italiennes et allemandes, sont ainsi venues travailler dans le nouveau Centre Magendie de l’Inserm. Bordeaux compte désormais plus de 450 chercheurs, post doctorants, étudiants et techniciens spécialisés en neurosciences, rassemblés autour de l’Institut fédératif en neurosciences, véritable unité de coordination des différents centres et laboratoires de recherche locaux dont l’Inserm et le CNRS. Le neurocampus offre aux chercheurs un système réfléchi avec soin, « qui marie ce que proposent les Américains, très libéraux, et les Allemands, très dirigistes : les équipes sont ici soutenues sur le plan administratif tout en restant libres au niveau scientifique. Car, dans un marché devenu mondial, Il est important de faire venir les meilleurs chercheurs pour être compétitif », explique le directeur du Neurocentre Inserm.
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