Partager l'article ! Entretien exlusif avec France Parkinson et Cap Retraite: Entretien exclusif avec France Parkinson Bruno Favier, Président de France Parkinson, ...
Bruno Favier, Président de France Parkinson, et Mathilde Laederich, Directrice de l'association, ont eu la gentillesse de répondre aux questions de Cap Retraite, afin de présenter les principales actions de France Parkinson.
Cap Retraite : En Avril 2009, l'association France
Parkinson lançait les premiers Etats généraux des personnes touchées par la maladie de Parkinson, où en est-on aujourd'hui ?
Bruno Favier : Nous avons dans un premier temps
recueilli les témoignages de plus de 2000 de malades de Parkinson, au travers de questionnaires et de réunions qui se sont tenues dans onze métropoles régionales. A présent, au cours de 10
réunions régionales nous allons faire dialoguer des professionnels experts et des malades et proches afin d'enregistrer leurs recommandations. De tout cela, nous tirerons un Livre Blanc,
qui sera remis à la Ministre de la Santé en Avril 2010.
CR : Pouvez-vous nous donner quelques éléments qui ressortent des informations recueillies auprès des malades ?
Mathilde Laederich : Une des caractéristiques des témoignages recueillis au travers des questionnaires est l'importance forte des symptômes de la maladie. En moyenne, un malade se plaint
d'une vingtaine de maux différents, en premier lieux desquels la difficulté à marcher, les difficultés d'écriture, les problèmes de parole. Après seulement viennent les tremblements. A tout cela
s'ajoutent les douleurs physiques, la fatigue, constipation etc.
CR : Les réunions en régions ont-elles pu apporter d'autres éléments ?
ML : Oui, notamment le manque de connaissance de la maladie de Parkinson par les acteurs professionnels du monde médical et paramédical. Ce qui est frappant, c'est l'absence de coordination
entre le neurologue, que le malade consulte deux fois par an dans le meilleur des cas, et les autres professionnels, tels que médecins généralistes, kiné, orthophonistes ou infirmiers.
BF : Ce qui ressort également, c'est le manque d'informations d'abord au moment du diagnostic, puis sur les médicaments et leurs effets secondaires. L'absence de relais, aussi, entre
spécialistes de la maladie et les autres professionnels au contact des malades. Enfin, ces réunions ont permis de souligner l'effort nécessaire en termes de recherche médicale, afin de parvenir à
comprendre d'où vient la maladie.
CR : Il reste beaucoup de travail en matière de sensibilisation de la population à la maladie de Parkinson ?
ML : Enormément, car il est fréquent que les malades soient mal considérés par les gens dans la rue. Par exemple, lorsque les tremblements sont identifiés à tort comme une marque
d'alcoolisme. Ou bien encore, lorsqu'un malade de Parkinson va se retrouver bloqué à la caisse d'un supermarché, soudainement incapable de bouger, et susciter des réactions hostiles des personnes
autour de lui.
CR : Quels sont les principaux projets financés par l'association France Parkinson ?
BF : L'association distribue des bourses à des étudiants chercheurs, des subventions à des laboratoires, finance des études de suivi de cohortes de malade. Cela fait deux années de suite que
France Parkinson attribue à la recherche, sur recommandation de son Comité Scientifique, une dotation de 800 000 euros. L'axe de recherche qui nous semble très prometteur est la
neuro-protection, c'est-à-dire que l'on tente de trouver des médicaments qui permettraient de protéger les neurones contre la maladie.
CR : Quelles sont vos actions actuelles auprès du gouvernement ?
ML : Nous demandons qu'un programme d'envergure soit mis en place. Avant tout, nous souhaitons obtenir des mesures concrètes. Loin des effets d'annonce, nous attendons des résultats
pragmatiques. Nous avons eu des rendez-vous en ce sens avec les responsables de la Caisse Nationale d'assurance Maladie, mais aussi avec Madame la Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot. Nous
demandons par exemple que les malades de Parkinson soient systématiquement reconnus comme bénéficiaire du dispositif Affection Longue Durée (ALD). Nous agissons aussi afin de développer des
centres de référence « Parkinson ». Enfin, il serait souhaitable qu'un maximum de kinésithérapeutes et d'orthophonistes soient formés à la maladie.